
Shostakovich & Pupils Vol. 2
Dmitri Chostakovitch :
Huit Préludes, Op.2 (1919 - 1921)
Variations sur un thème de Glinka (1957)
Mieczyslaw Weinberg :
Lullaby Op. 1 (1935)
Deuxième Sonate pour piano Op. 8 (1942)
Gyorgy Sviridov :
Sonate pour piano
Revol Bunin :
Sonatine pour piano
Si la production de piano solo de Dmitri Chostakovitch est plus petite qu’on ne pourrait l’imaginer d’un compositeur lui-même un pianiste talentueux (quoique erratique), il y a plus que la suite monumentale de 24 préludes et fugues qu’il a composée peu après la Seconde Guerre mondiale pour la pianiste Tatiana Nikolaeva, et en imitation du Clavier bien tempéré de Bach. En effet, certaines des plus anciennes œuvres du compositeur conservées sont un ensemble des Huit Préludes, Op.2, dont plusieurs étaient longtemps présumés perdus. Composés entre 1919 et 1921, ils témoignent de la maîtrise par le jeune compositeur des idiomes pianistiques de Chopin à Scriabine ainsi que de la facilité mélodique qui, semble-t-il, était son don natif. Vers l’autre fin de sa carrière, une autre rareté : les contributions qu’il a apportées en 1957 pour un ensemble de variations sur un thème de Glinka commandées à huit compositeurs différents. En complément des Préludes de Chostakovitch, Fernanda Damiano présente une douce Berceuse de la plume de Mieczysław Weinberg, âgé de 16 ans. Conçue à une échelle bien plus épique est la Deuxième Sonate pour piano que Weinberg écrivit en 1942, l’année précédant sa première rencontre avec Chostakovitch et devint avec le temps l’un de ses plus proches confidents. Datant de deux ans plus tard, et donc encore marquée par le conflit, la sonate de Gyorgy Sviridov est une œuvre féroce et trop rarement connue, répartie en un seul mouvement (mais plusieurs sections), respirant le même air combatif que les Sonates de la « Guerre » de Prokofiev. Aux côtés de ces deux sonates, la Sonatine de Revol Bunin est relativement légère, mais en tant qu’œuvre d’un jeune homme de 15 ans fluent, elle montre déjà des signes du talent qui a rapidement attiré l’attention de Chostakovitch, lorsqu’il a pris Bunin comme seul élève de composition à l’époque (entre 1943 et 1945). Ainsi, bien que seule la Sonate de Sviridov ait été composée sous l’influence du compositeur plus âgé, le récital de Damiano présente un aperçu captivant de la culture soviétique du milieu de la guerre et du milieu du siècle, à travers le prisme du piano et de quatre compositeurs talentueux, chacun avec sa propre voix distinctive. 'Fernanda Damiano joue. Avec intelligence, conviction et. appréciation de la saveur de la musique. » (Critique de fanfare du Volume 1)