Little Cakewalk
Beaucoup de chansons de cet album datent de la période qui a suivi l’arrivée au pouvoir des nazis ou son internement dans le camp de concentration de Theresienstadt en 1942, où il a échappé aux travaux forcés en raison de son travail musical utile au régime. Ullmann a utilisé un langage musical comparativement plus compréhensible, probablement pour pouvoir donner à ses semblables souffrants autour de lui aussi insouciants que possible. Shira Karmon présente, entre autres, trois chansons basées sur des textes de Friedrich Hölderlin, les Six Songs op. 17, trois chants yiddish, chants tirés des Six Chants sacrés op. 20 et « Six Sonnets de Louise Labé » op. 34. Le style de composition d’Ullmann porte la légèreté des influences jazz ainsi que des phrases contrapuntiques complexes, des développements mélodiques inattendus et un langage harmonique qui laisse parfois l’auditeur perplexe.
Viktor Ullmann possédait un génie de l’écriture vocale, son si sombre et pourtant merveilleux Cornet l’atteste, et n’explique pas que ses autres mélodies soient toujours si peu courues. La faute certainement à leur écriture virtuose qui exigent une colorature, ce que n’est pas Shira Karmon, qui se brule dès l’acrobatique "Little Cakewalk" qui titre le disque. Elle n’en possède pas plus le français, ce qui grève l’appassionato ténébreux des "Six Sonnets" de Louise Labé, opus majeur d’un compositeur qui regardait l’érotisme en face et mettait en musique sans un faux plis prosodique le français. A tout prendre cet album est utile, ajout à une discographie honteusement mince, mais inutile aussi à ceux qui posséderont le double album d’Orfeo ou Christine Schäffer et ses amis ont resserré ces cycles géniaux dans des interprétations qui ici ne seront pas remises en question. (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)
Le titre de l’album « Little Cakewalk » de la soprano israélienne Shira Karmon et de la pianiste María Garzón, avec des chansons de Viktor Ullmann, contredit le contenu de ce CD, ainsi que la vie et le sort d’Ullmann : beaucoup des œuvres de cet album datent de la période qui a suivi l’arrivée au pouvoir des nazis ou son internement en 1942 dans le camp de concentration de Theresienstadt, où il échappa à la contrainte du travail grâce à son travail musical, qui s’avéra utile au régime. Ullmann a utilisé ici un langage tonal relativement plus facile à saisir, probablement pour pouvoir offrir à ses semblables souffrants qui l’entouraient un plaisir aussi léger que possible. Shira Karmon présente, entre autres, trois chants basés sur des textes de Friedrich Hölderlin, les Six Chants op. 17, trois chants yiddish, quatre des Six Chants sacrés op. 20, et les « Six Sonnets de Louise Labé » op. 34. Le style de composition d’Ullmann porte la légèreté des influences jazz ainsi que des phrases contrapuntiques complexes, des développements mélodiques inattendus et un langage harmonique qui laisse parfois l’auditeur perplexe.