Des camps sont ouverts par le
gouvernement Daladier pour regrouper les réfugiés de la
Guerre civile espagnole (décret-loi du 12 novembre 1938 de Daladier qui prévoit l’internement des « indésirables étrangers », élargi par la loi du 18
novembre 1939 qui permet l’internement « de tout individu, Français ou étranger, considéré comme dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique »
[14],[15],[16],[17]).
Liste des camps de réfugiés de la Guerre civile espagnole
Au nombre de 500 000, ils sont regroupés surtout dans le
Roussillon, mais aussi jusqu'en
Bretagne.
On relève les sites de :
Angoulême: Le Camp des Alliers (orthographe validée). C'est là que
seront raflées 927 personnes, (républicains espagnols réfugiés en France)
pour former le premier convoi de l'histoire de la seconde guerre mondiale à
destination de Mauthausen le 20 août 1940.
Gurs dans les Basses-Pyrénées (aujourd'hui
Pyrénées-Atlantiques)[18].
Camp de Rivesaltes, dans les
Pyrénées-Orientales, sera fermé en 1942. Les Juifs seront envoyés à
Drancy, les Tziganes à Saliers, et les Espagnols à Gurs[20].
les camps qui internent 20 000 Allemands et Autrichiens antinazis,
souvent Juifs, qui ont fui le nazisme depuis 1933 (par exemple
Erich Cohn-Bendit), mais qui sont considérés comme ressortissants
ennemis ;
les
camps de nomades qui internent « individus sans
domicile fixe, nomades et forains, ayant le type romani » (Manouches,
Gitans, Roms, Sintés, et plus généralement
Tsiganes) ;
les
camps de prisonniers de guerre allemands, tels que le
camp des Milles ; parfois un secteur particulier des camps précédents ;
compte tenu du déroulement des opérations, les soldats allemands prisonniers
furent peu nombreux.
ceux de l'Empire
colonial, mal connus en Europe.
Dès 1939 les
camps existants se rempliront d'Allemands
et d'Autrichiens,
c'est-à-dire indifféremment d'opposants au
régime nazi (communistes, socialistes, opposants divers, Juifs allemands ou
autrichiens) ou de personnes favorables au régime hitlérien, ou de combattants
allemands.
Ensuite, après la défaite de 1940 et la chute du régime républicain,
viendront les Juifs,
qui seront peu à peu livrés aux nazis.
Après juin 1940
Le régime des multiple camps qui ont existé en France pendant la guerre a été
extrêmement variable, selon qu'ils se trouvaient en zone libre, en zone occupée
ou en zone annexée, selon l'époque en distinguant avant et après la dénonciation
du traité d'armistice en 1942 et l'invasion de la zone libre par les Allemands,
et aussi selon leurs statuts qui allait d'un régime quasi carcéral, à celui de
centres de villégiature pour réfugiés dont la direction était déléguée à des
associations confessionnelles, en général protestantes d'origine alsacienne.
Sous la
Troisième République et le
régime de Vichy, seront créés des camps qui s'appelleront diversement :
Camps d'accueil ;
Camps d'internement ;
Camps de séjour ;
Centres de séjour surveillés ;
Camps de prisonniers.
Une autre catégorie apparaît sous le régime
pétainiste :
Des camps d'internement des
Tsiganes firent aussi leur apparition sous le régime de Vichy : voir
l'article
Porajmos. Les deux camps principaux furent Montreuil-Bellay et Jargeau.
Un
camp d'extermination fut établi en France, le camp du
Struthof,
ou Natzweiller-Struthof, créé par les nazis en
Alsace,
territoire alors entièrement administré par l'Allemagne. Il possédait une
chambre à gaz de fortune qui fut utilisée pour exterminer au moins 86 détenus
(notamment Juifs) dans le but de constituer une collection de squelettes intacts
(ce mode d'exécution ne les altérant pas) pour le professeur nazi
August
Hirt.
À proximité, se trouvait le camp de rééducation de
Vorbrück-Schirmeck, destiné aux Alsaciens Mosellans récalcitrants. -- À
partir de 1942, plusieurs camps d'internement sous administration française
comme le camp de Beaune-la-Rolande et celui de Pithiviers sont devenus les
antichambres des camps d'extermination allemands en Europe de l'Est. En zone
occupée, le
camp de Drancy fut jusqu'en 1942 sous administration française. La
gendarmerie et la police française furent réquisitionnées par les SS afin de les
assister pour convoyer plusieurs trains de déportés à destination des camps
d'extermination situés en Allemagne.
Liste des camps en France métropolitaine
Alsace
Schirmeck, à
Schirmeck (Bas-Rhin),
camp de redressement nazi à l'attention des Alsaciens et Mosellans
réfractaires au nazisme.
Struthof, à
Natzwiller (Bas-Rhin),
seul camp de concentration créé par les nazis en territoire français annexé.
Aquitaine
Bassens en
Gironde, Centre de rassemblement des étrangers.
Buzet-sur-Baïse en Lot-et-Garonne, CSS pour communistes majoritairement.
Camp de Gurs (Pyrénées-Atlantiques),
créé en 1939 pour les réfugiés espagnols, utilisé ensuite comme centre de
rassemblement des étrangers pour détenir des
Allemands en 1939-1940, comme camp de réfugiés pendant l'occupation,
puis comme camp de concentration après l'armistice.
Libourneen
Gironde, Centre de rassemblement des étrangers.
Talenceen
Gironde, Centre de rassemblement des étrangers.
Trélissacen
Dordogne, Centre de rassemblement des étrangers.
Auvergne
Bourg-Lastic, dans le
Puy-de-Dôme, qui était un ancien camp militaire, Centre de rassemblement
des étrangers, ou furent détenus des Juifs sous Vichy (témoignage d'André
Glucksmann qui y entra à quatre ans);
ce camp « accueillit » des
harkis dans les années 1960 et des
Kurdes
réfugiés d'Irak
dans les années 1980.
Le camp du Fé de la Genebière à
Domérat
dans l'Allier,
Centre de rassemblement des étrangers.
Huriel
dans l’Allier,
Centre de rassemblement des étrangers.
Le Mont-Dore dans le
Puy-de-Dôme, Centre de rassemblement des étrangers mixte.
Tence
dans la
Haute-Loire, Centre de rassemblement des étrangers.
Château de Frémont à
Vallon-en-Sully dans l’Allier,
Centre de Rassemblement des étrangers, internement de familles (femmes et
enfants mai-juin 1940).
Drancy, camp créé par le gouvernement français en 1939 pour y détenir
des
communistes, suspects en raison du
Pacte germano-soviétique, et où l'État français de Pétain enverra la
gendarmerie française convoyer des Juifs dès 1941; la gestion directe du
camp était réglée par les Nazis, les gendarmes français faisaient office de
gardes ; il comprenait 3 annexes parisiennes:
le camp
Bassano.« L'ouverture rapide de nouveaux
camps sera créatrice d'emplois et la gendarmerie ne cessera d'embaucher
à cette époque »,
Maurice Rajsfus, Drancy, un camp de concentration très ordinaire,
Cherche Midi éditeur.
Fort de Romainville, commune
des
Lilas (Seine-Saint-Denis) :
En 1940, le fort fut investi par l’armée allemande et transformé en prison.
De là, des résistants et des otages furent dirigés vers les camps. 3900
femmes et 3100 hommes furent internés avant d’être déportés vers
Auschwitz,
Ravensbrück,
Buchenwald et
Dachau.
152 personnes furent fusillées dans l’enceinte du Fort. Certains s’en
évadèrent comme
Pierre Georges, dit « colonel Fabien ». De sa cellule,
Danièle Casanova encouragea ses compagnes à tenir tête à leurs
tortionnaires[28].
Le Barcarès dans les
Pyrénées-Orientales, camp créé début 1939 pour les réfugiés espagnols,
puis Centre de rassemblement des étrangers.
Collioure,Château
Royal de Collioure,il fut transformée en prison durant l'année 1939.
C'est en effet en mars 1939 que le premier camp disciplinaire destiné aux
réfugiés d'Espagne est créé au château royal de Collioure. Durant l'été 1939
ils seront un millier à se trouver confiné derrière les épais murs de la
forteresse.
Bram dans
l'Aude,
Camp créé début 1939 pour les réfugiés espagnols, puis internement de Juifs.
Cascaret dans le
Gard, Centre
de rassemblement des étrangers.
Saint-Cyprien, camp créé début 1939 pour les réfugiés espagnols, puis
Centre de rassemblement des étrangers, qui hébergeait
90 000 réfugiés en mars 1939, fermé officiellement pour « raisons
sanitaires » le 19 décembre 1940 et ses occupants transférés à
Gurs[29].
Camp des Garrigues à
Saint-Nicolas dans le
Gard, Centre
de rassemblement des étrangers.
Vittel,
dans les
Vosges, qui « accueillait » des possesseurs de passeports américains ou
britanniques, également de pays d'Amérique latine (Paraguay...).
Noé -
Mauzac
Haute-Garonne, Centre de rassemblement des étrangers puis Centre de
séjour surveillé créé en février 1941.
Le Vernet dans l'Ariège:
Le
Camp du Vernet ouvert début 1939 pour regrouper
12 000 combattants et réfugiés espagnols, puis Centre de
rassemblement des étrangers, « hébergera » des
harkis.
Les Milles près d'Aix-en-Provence
dans les
Bouches-du-Rhône, qui fut le plus grand camp d'internement du Sud-Est de
la France. De ce camp de transit furent déportés 2 500 juifs en août 1942[35].
Signes dans le
Var, Centre de séjour surveillé pour les politiques.
Sisteron dans les
Alpes-de-Haute-Provence, Centre de rassemblement des étrangers, Centre
de séjour surveillé et pour internés politiques et de droit commun.
Toulon
dans le
Var, Centre de rassemblement des étrangers.
Vedène
dans le
Vaucluse, Centre de rassemblement des étrangers.
Rhône-Alpes
Arandon
dans l'Isère,
internés juifs et Centre de rassemblement des étrangers.
Aussois
en Savoie, camp d'internement de l'Esseillon, anciens forts utilisés pour
l'internement des réfractaires niçois.
Bourgoin dans l’Isère,
Centre de rassemblement des étrangers.
Vénissieux dans le
Rhône,
Centre de rassemblement des étrangers.
Vienne dans l’Isère,
Centre de rassemblement des étrangers.
Vif dans l’Isère, Centre de rassemblement des étrangers sarrois.
Hauteville, Centre de rassemblement des étrangers.
Camps en Algérie
Dans les
départements français d'Algérie et
départements français du Sahara, des camps de travail ou d'internement pour
les Juifs et travailleurs étrangers sont créés.
Note : 600 militants,
communistes ou responsables syndicaux pour la plupart,
anarchistes aussi, avaient été
déportés sans jugement particulier
[réf. nécessaire]. Parmi eux, figuraient les 27 députés communistes
dont
Florimond Bonte a retracé « le Chemin de l’honneur », qui avaient été
condamnés à cinq ans de prison en avril 1940 par un tribunal militaire. Les
députés avaient été enfermés au bagne de
Maison
Carrée, les autres dans des camps du Sud algérois, notamment à
Djelfa, ou du
Sud oranais[38].
Il y eut plusieurs camps d'internement et de concentration japonais pour les
populations civiles françaises durant l'occupation japonaise.
À la
Libération
Camps pour les suspects de collaboration
Pendant la période de la libération (juin 1944 - mai 1946) de nombreux camps
servent à l'internement administratif des suspects de
collaboration dans le cadre de l'épuration.
Environ 750 000 prisonniers de guerre allemands
sont internés en France en 1945, encore 301 000 au début de
1948 et les
derniers sont libérés fin
1948[39].
Camps français de soviétiques enrôlés dans l'armée allemande
Parce qu'ils sont réclamés par
Staline, la France interne dans plusieurs camps, dont le
camp de Beauregard situé à
La Celle-Saint-Cloud, les citoyens soviétiques enrôlés de force par l'armée
allemande qui se trouvent sur le territoire français[42].
La SNCF sous l'Occupation allemande, Institut du temps présent,
CNRS, 1996.
Laurette Alexis-Monet, Les miradors de Vichy, préface de
Pierre Vidal-Naquet, Les Éditions de Paris Max Chaleil, 1994, 2001,
(ISBN 2842610144[à
vérifier :
ISBN invalide]).
Anne Boitel, Le Camp de Rivesaltes (1941-1942), Presses
universitaires de Perpignan, 2001.
Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, 4 tomes (Les Gils de la
Toussaint, Le Temps des léopards, Le Temps des colonels et
Les Feux du désespoir), Fayard, 1969.
Thomas Fontaine, Les Oubliés de Romainville. Un camp allemand en
France (1940-1944), Taillandier, 2005.
Anne Grynberg, Les Camps de la honte. Les internés juifs des camps
français 1939-1944, La Découverte, 1991, réédit. 1999, (ISBN270713046X).
Jean-Pierre Koscielniak, Les barbelés oubliés. Le camp de
Buzet-sur-Baïse, 1940-1941, Le Passage, MRLG, 2015.
Claude Laharie, Le Camp de Gurs. 1939-1945. Un aspect méconnu de
l'histoire du Béarn, Pau, Infocompo, 1985, 397 p.
André Moine, Déportation et résistance en Afrique du Nord (1939-1944),
Paris, Éditions sociales, 1972.
Denis Peschanski, Les camps français d'internement (1938-1946),
thèse de Doctorat d'État sous la direction de François Bédarida, Université
Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2000, [lire
en ligne] et annexe, [lire
en ligne].
Denis Peschanski, La France des camps - L'internement (1938-1946),
Gallimard, 2002.
Compte rendu sur le site des Clionautes. "Entre le décret du 12
novembre 1938, qui permit d'interner les «indésirables étrangers» dans des
centres spécialisés, et la libération du dernier interné en 1946, six cent
mille hommes, femmes et enfants ont été enfermés dans les camps français.
Denis Peschanski fait ici l'histoire d'un phénomène à la fois durable et
massif, que de rares ouvrages pionniers n'avaient abordé que partiellement.
[...] La France des camps, à partir d'une cartographie précise, dessine la
géographie inattendue d'un archipel. Deux cents camps, avec leurs
bâtiments, leurs aménagements, une administration, des ministères de tutelle
aux gardiens, des rapports socio-économiques avec leur région, une société
internée, des solidarités, une entraide officielle et non officielle, dont
la description concrète est permise par des archives abondantes, auxquelles
s'ajoutent les témoignages poignants des internés eux-mêmes." Quatrième de
couverture.
↑
a,
b,
c et
dMarc Bernardot (2008),
Camps d'étrangers, Terra, p.33-36
↑
[1] [archive]
donne par exemple le chiffre de 3 000 morts
juifs au total dans les camps français, pour un nombre d'internés juifs
de l'ordre d'une centaine de milliers
↑Voir J.-C. Farcy Les camps de
concentration de la Première Guerre (1914-1918) in Les Cahiers de la
Sécurité Intérieure (CSI) n°17, La Documentation française, Paris,
juillet 1994.
↑Voir T.Truel L’ennemi à la
maison : les camps d’internement de Libourne et de Bazas pendant la
Première Guerre mondiale in Revue historique de Bordeaux, numéro spécial
centenaire, à paraitre automne 2014.
↑Le camp de Jargeau, juin 1940
- décembre 1945. Histoire d'un camp d'internement dans le loiret. Pascal
Vion. Edition: Centre de recherche et de documentation sur les camps
d'internement et la déportation juive dans le Loiret.
ISBN 2-9507561-0-7
↑
[6] [archive].
Il faut rappeler que les communistes ont été internés dès 1940, en
période de guerre, à cause du
Pacte germano-soviétique qui en faisait des « alliés » de l'ennemi.
Les communistes furent à nouveau internés, cette fois-ci par le
gouvernement du
maréchal Pétain ou par les autorités occupantes après l'invasion de
l'Union
soviétique par l'Allemagne nazie
↑
Comité international de coordination et d'information pour l'aide à
l'Espagne républicaine.
Éditeur scientifique,
Deux missions internationales visitent les camps de réfugiés espagnols :
mai 1939 / éd. par le Comité international de coordination et
d'information pour l'aide à l'Espagne républicaine,
Comité
international de coordination et d'information pour l'aide à l'Espagne
républicaine (Paris), 1939-1940
(notice
BnF noFRBNF33344263,
lire en ligne [archive])