Camp d'internement français

https://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_d'internement_français

 

Les camps de la fin des années 1930

Des camps sont ouverts par le gouvernement Daladier pour regrouper les réfugiés de la Guerre civile espagnole (décret-loi du 12 novembre 1938 de Daladier qui prévoit l’internement des « indésirables étrangers », élargi par la loi du 18 novembre 1939 qui permet l’internement « de tout individu, Français ou étranger, considéré comme dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique » [14] , [15] , [16] , [17]).

Liste des camps de réfugiés de la Guerre civile espagnole

Au nombre de 500 000, ils sont regroupés surtout dans le Roussillon, mais aussi jusqu'en Bretagne. On relève les sites de :

La Seconde Guerre mondiale

1939-1940

Durant la drôle de guerre, on a :

Dès 1939 les camps existants se rempliront d'Allemands et d'Autrichiens, c'est-à-dire indifféremment d'opposants au régime nazi (communistes, socialistes, opposants divers, Juifs allemands ou autrichiens) ou de personnes favorables au régime hitlérien, ou de combattants allemands.
Ensuite, après la défaite de 1940 et la chute du régime républicain, viendront les Juifs, qui seront peu à peu livrés aux nazis.

Après juin 1940

Le régime des multiple camps qui ont existé en France pendant la guerre a été extrêmement variable, selon qu'ils se trouvaient en zone libre, en zone occupée ou en zone annexée, selon l'époque en distinguant avant et après la dénonciation du traité d'armistice en 1942 et l'invasion de la zone libre par les Allemands, et aussi selon leurs statuts qui allait d'un régime quasi carcéral, à celui de centres de villégiature pour réfugiés dont la direction était déléguée à des associations confessionnelles, en général protestantes d'origine alsacienne.

Sous la Troisième République et le régime de Vichy, seront créés des camps qui s'appelleront diversement :

Une autre catégorie apparaît sous le régime pétainiste :

Des camps d'internement des Tsiganes firent aussi leur apparition sous le régime de Vichy : voir l'article Porajmos. Les deux camps principaux furent Montreuil-Bellay et Jargeau.

Un camp d'extermination fut établi en France, le camp du Struthof, ou Natzweiller-Struthof, créé par les nazis en Alsace, territoire alors entièrement administré par l'Allemagne. Il possédait une chambre à gaz de fortune qui fut utilisée pour exterminer au moins 86 détenus (notamment Juifs) dans le but de constituer une collection de squelettes intacts (ce mode d'exécution ne les altérant pas) pour le professeur nazi August Hirt.

À proximité, se trouvait le camp de rééducation de Vorbrück-Schirmeck, destiné aux Alsaciens Mosellans récalcitrants. -- À partir de 1942, plusieurs camps d'internement sous administration française comme le camp de Beaune-la-Rolande et celui de Pithiviers sont devenus les antichambres des camps d'extermination allemands en Europe de l'Est. En zone occupée, le camp de Drancy fut jusqu'en 1942 sous administration française. La gendarmerie et la police française furent réquisitionnées par les SS afin de les assister pour convoyer plusieurs trains de déportés à destination des camps d'extermination situés en Allemagne.

Liste des camps en France métropolitaine

Alsace

Aquitaine

Auvergne

Bourgogne

Bretagne

Centre

Champagne-Ardenne

Franche-Comté

Ile-de-France

Languedoc-Roussillon

Limousin

Lorraine

Midi-Pyrénées

Nord-Pas-de-Calais

Basse-Normandie

Haute-Normandie

Pays-de-La Loire

Picardie

Poitou-Charentes

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Rhône-Alpes

Camps en Algérie

Dans les départements français d'Algérie et départements français du Sahara, des camps de travail ou d'internement pour les Juifs et travailleurs étrangers sont créés.

Note : 600 militants, communistes ou responsables syndicaux pour la plupart, anarchistes aussi, avaient été déportés sans jugement particulier [réf. nécessaire]. Parmi eux, figuraient les 27 députés communistes dont Florimond Bonte a retracé « le Chemin de l’honneur », qui avaient été condamnés à cinq ans de prison en avril 1940 par un tribunal militaire. Les députés avaient été enfermés au bagne de Maison Carrée, les autres dans des camps du Sud algérois, notamment à Djelfa, ou du Sud oranais[38].

Camps au Maroc

Camps en Tunisie

Camps en Indochine

Il y eut plusieurs camps d'internement et de concentration japonais pour les populations civiles françaises durant l'occupation japonaise.

À la Libération

Camps pour les suspects de collaboration

Pendant la période de la libération (juin 1944 - mai 1946) de nombreux camps servent à l'internement administratif des suspects de collaboration dans le cadre de l'épuration.

Article détaillé : Épuration à la Libération en France#Internement administratif.

Camps pour les prisonniers de guerre allemands

Environ 750 000 prisonniers de guerre allemands sont internés en France en 1945, encore 301 000 au début de 1948 et les derniers sont libérés fin 1948[39].

Exemples : camps de Voves [40] , de Gurs[41], Joffre à Rivesaltes...

Camps pour « nomades »

La dernière fermeture de camp pour « nomades » a lieu le 1er juin 1946.

Article détaillé : Roms#Les camps d'internement de « nomades » en France.

Camps français de soviétiques enrôlés dans l'armée allemande

Parce qu'ils sont réclamés par Staline, la France interne dans plusieurs camps, dont le camp de Beauregard situé à La Celle-Saint-Cloud, les citoyens soviétiques enrôlés de force par l'armée allemande qui se trouvent sur le territoire français[42].

Liens externes

Bibliographie

  • La SNCF sous l'Occupation allemande, Institut du temps présent, CNRS, 1996.
  • Laurette Alexis-Monet, Les miradors de Vichy, préface de Pierre Vidal-Naquet, Les Éditions de Paris Max Chaleil, 1994, 2001, (ISBN 2842610144[à vérifier : ISBN invalide]).
  • Anne Boitel, Le Camp de Rivesaltes (1941-1942), Presses universitaires de Perpignan, 2001.
  • Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, 4 tomes (Les Gils de la Toussaint, Le Temps des léopards, Le Temps des colonels et Les Feux du désespoir), Fayard, 1969.
  • Thomas Fontaine, Les Oubliés de Romainville. Un camp allemand en France (1940-1944), Taillandier, 2005.
  • Anne Grynberg, Les Camps de la honte. Les internés juifs des camps français 1939-1944, La Découverte, 1991, réédit. 1999, (ISBN 270713046X).
  • Jean-Pierre Koscielniak, Les barbelés oubliés. Le camp de Buzet-sur-Baïse, 1940-1941, Le Passage, MRLG, 2015.
  • Claude Laharie, Le Camp de Gurs. 1939-1945. Un aspect méconnu de l'histoire du Béarn, Pau, Infocompo, 1985, 397 p.
  • André Moine, Déportation et résistance en Afrique du Nord (1939-1944), Paris, Éditions sociales, 1972.
  • Denis Peschanski, Les camps français d'internement (1938-1946), thèse de Doctorat d'État sous la direction de François Bédarida, Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2000, [lire en ligne] et annexe, [lire en ligne].
  • Denis Peschanski, La France des camps - L'internement (1938-1946), Gallimard, 2002. Compte rendu sur le site des Clionautes. "Entre le décret du 12 novembre 1938, qui permit d'interner les «indésirables étrangers» dans des centres spécialisés, et la libération du dernier interné en 1946, six cent mille hommes, femmes et enfants ont été enfermés dans les camps français. Denis Peschanski fait ici l'histoire d'un phénomène à la fois durable et massif, que de rares ouvrages pionniers n'avaient abordé que partiellement. [...] La France des camps, à partir d'une cartographie précise, dessine la géographie inattendue d'un archipel. Deux cents camps, avec leurs bâtiments, leurs aménagements, une administration, des ministères de tutelle aux gardiens, des rapports socio-économiques avec leur région, une société internée, des solidarités, une entraide officielle et non officielle, dont la description concrète est permise par des archives abondantes, auxquelles s'ajoutent les témoignages poignants des internés eux-mêmes." Quatrième de couverture.
  • Maurice Rajsfus, Drancy, un camp de concentration très ordinaire, 1941-1944, Le Cherche-Midi éditeur, 2005 (ISBN 2862744352).
  • Madeleine Steinberg, Les camps de Besançon et de Vittel, dans Le Monde juif, no 137, janvier-mars 1990.
  • Annette Wieviorka, "L'expression 'camp de concentration' au XXe siècle", Vingtième siècle. Revue d'histoire, no 54, 1997.

Notes et références

  1. a, b, c et d Marc Bernardot (2008), Camps d'étrangers, Terra, p.33-36
  2. [1] [archive] donne par exemple le chiffre de 3 000 morts juifs au total dans les camps français, pour un nombre d'internés juifs de l'ordre d'une centaine de milliers
  3. Reportage de RFI du 26 janvier 2005 [archive]
  4. Documentaire de Monique Seeman et Alain Jomy, France 3 (2004-2005) [archive]
  5. Article sur Mémoire 78 [archive]
  6. François Amoudruz, Le Struthof, le seul camp de concentration en France ", Historiens et géographes - Bulletin de l'Association des Professeurs d'histoire et de Géographie, n° 347, février 1995. [archive]
  7. a et b Marc Bernardot (2008), op. cit., p. 53-54
  8. Peter Gaida Camps de travail sous Vichy. Les « Groupes de travailleurs étrangers » (GTE) en France 1940-1944 [archive]
  9. Assemblée nationale, Proposition de loi n° 171 du groupe communiste tendant à assurer le droit à réparation pour les résistants déportés, emprisonnés et internés en Afrique du Nord (1940-1944) [archive], 20 août 1997.
  10. Jacques Cantier, Éric Jennings, « L'empire colonial sous Vichy », Odile Jacob, 2004, p.193
  11. Voir J.-C. Farcy Les camps de concentration de la Première Guerre (1914-1918) in Les Cahiers de la Sécurité Intérieure (CSI) n°17, La Documentation française, Paris, juillet 1994.
  12. Voir J.C. Vimont Garaison un camp de familles internées dans les Hautes-Pyrénées 1914-1919 sur le site criminocorpus : http://criminocorpus.revues.org/1876 [archive]
  13. Voir T.Truel L’ennemi à la maison : les camps d’internement de Libourne et de Bazas pendant la Première Guerre mondiale in Revue historique de Bordeaux, numéro spécial centenaire, à paraitre automne 2014.
  14. L’ouverture des camps en France [archive]
  15. « Fermeture et répression : 1931-1944 » [archive], Musée de l'histoire de l'immigration (consulté le 8 février 2014)
  16. Anne Vallaeys, « Quand Daladier disait «Welcome» » [archive], liberation.fr,‎ (consulté le 8 février 2014)
  17. « Qu'est-ce qu'un "indésirable" français ? (été 1940) » [archive], Amicale du camp de Gurs (consulté le 8 février 2014)
  18. voir [2] [archive]
  19. voir [3] [archive] et [4] [archive]
  20. Voir [5] [archive]
  21. Histoire du Camp de la Lande à Monts [archive]
  22. Inhabitants e.g. Walter Benjamin, Hans Sahl, Gert Wollheim
  23. Fiche du camp de Douadic [archive]
  24. Le camp de Jargeau, juin 1940 - décembre 1945. Histoire d'un camp d'internement dans le loiret. Pascal Vion. Edition: Centre de recherche et de documentation sur les camps d'internement et la déportation juive dans le Loiret. ISBN 2-9507561-0-7
  25. La drôle de guerre avec les chemins de mémoire, partez à la découverte des hauts lieux de mémoire [archive]
  26. Camp de Miellin - http://miellin1939.canalblog.com [archive]
  27. [6] [archive]. Il faut rappeler que les communistes ont été internés dès 1940, en période de guerre, à cause du Pacte germano-soviétique qui en faisait des « alliés » de l'ennemi.
    Les communistes furent à nouveau internés, cette fois-ci par le gouvernement du maréchal Pétain ou par les autorités occupantes après l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie
  28. Source site de Mémoire et espoir de la Résistance [archive]
  29. http://www.jewishtraces.org/recherche.php [archive] Liste des internés transférés à Gurs]
  30. Château du Doux [archive]
  31. Liste des internés transférés à Drancy [archive]
  32. holocaust-education.net [archive]
  33. Fiche descriptive du camp [archive]
  34. [7] [archive] [PDF]
  35. Listes des internés du camp des Milles 1941 [archive]
  36. Comité international de coordination et d'information pour l'aide à l'Espagne républicaine.
    Éditeur scientifique, Deux missions internationales visitent les camps de réfugiés espagnols : mai 1939 / éd. par le Comité international de coordination et d'information pour l'aide à l'Espagne républicaine,
    Comité international de coordination et d'information pour l'aide à l'Espagne républicaine (Paris),‎ 1939-1940 (notice BnF no FRBNF33344263, lire en ligne [archive])
  37. Camp de Bossuet (Oran) [archive], sur le site apra.asso.fr
  38. L'Humanité, 24 août 1994, [8] [archive].
  39. Gaspard Delon, Les prisonniers de guerre allemands dans la France de l’immédiat après-guerre [archive], arte-tv.net, juillet 2005
  40. d'août 1944 à 1947
  41. de façon brève
  42. Georges Coudry, « Les camps soviétiques en France : les "Russes" livrés à Staline en 1945 », A. Michel, 1997 (ISBN 2226089365)
  43. Rapport du Comité international de la Croix Rouge sur les camps d'internement en Algérie, Le Monde, 4 janvier 1960.