1927-1929 Brücken aus dem Gestern - Orchesterwerke jüdischer Komponisten
Rondeau ROP6233, DDD, 2021

Release date: 25.4.2024
Artists: Cora Irsen, Piano
Capitul Symphonie Orchester
Ruland Böer
Total Time : 68:36

 

 

1. Bernhard Sekles (1872-1934) : Der Dybuk op. 35 (Vorspiel für Orchester) (1928)

Juliusz Wolfsohn (1880-1944) : Hebräische Suite für Klavier und Orchester op. 8 (1928)

6. Jaromir Weinberger (1896-1967) : Weihnachten (Musik für großes Orchester und Orgel) (1929)

Werner Richard Heymann (1896-1961) : Szenenmusiken für Stummfilme (1927/28) (bearb. von Julien Porret und Marco Jovic)

Ce superbe enregistrement a le mérite de présenter quatre œuvres de musiciens juifs composés dans l’Allemagne des années 1927-1929, juste avant le krach boursier que l’on connaît. Le poème symphonique de Bernard Sekles (1872-1934) "The Dybbuk", composé en 1928, narre dans un style post-romantique le mythe du démon qui prend possession de quelqu'un et le rend fou. La "Suite Hébraïque" op. 8 de Juliusz Wolfsohn (1880-1944) fut composée en 1912 et propose en cinq mouvements une sorte de brillante rhapsodie pour piano et orchestre, faisant tout particulièrement admirer le talent Jaëllien de Cora Irsen. Que Jaromir Weinberger (1896-1967) composât une musique de Noël, "Vánoce" (1929), s’explique par l’attachement qu’il portait en tant que juif de Bohème à tisser des liens entre les textes de la Bible et le folklore bohémien, et l’on conviendra que cette pièce d’un peu plus d’un quart d’heure saisit l’atmosphère natale de très convaincante façon. Enfin, avec Werner Richard Heyman (1896-1961), on redécouvre un compositeur des plus prestigieuses musiques de film accompagnant le cinéma muet de l’époque Murnau, Lang, Wegener, Robison, etc... Initialement composée pour le piano la plupart de ces œuvres furent orchestrées par Julien Porret (1896-1979) et font, à ce titre, une large place aux cuivres ainsi qu’aux rythmes syncopés de l’époque : "Festliches Getümmel" (Tumulte festif), "Misterioso erotico", "Appasionata drammatico","Petite Grotesque". L’interprétation de l’orchestre du Capitol d’Offenbach am Mainz, sous la direction experte de Roland Boër, magnifie avec grand art et passion ces œuvres oubliées d’un temps et de compositeurs aujourd’hui largement ignorés, mais qu’il convient absolument de redécouvrir, d’autant que la qualité sonore de l’enregistrement mérite aussi d’être soulignée. (Jacques-Philippe Saint-Gerand)